Géographe-Conférencier-Voyageur
Conférences proposées
MANDALAS : « VOYAGE AU PAYS DES MANDALAS », UNE VISION DU MONDE ET DU SACRE
Représentation cosmographique du monde, le mandala est un diagramme sacré et circulaire utilisé par différentes religions comme la religion bouddhiste (d’kyill khor) ou hindou (yantra mandala).
Dans la dimension tibétaine, le mandala est une carte holistique, un diagramme magique menant à l’éveil mais avant il faut le construire avec des poudres de sable coloré. Il y a différentes façons de voir le mandala et il est même utilisé en médecine tibétaine.
Selon les enseignements du mandala de Kalachakra, le Dalaï lama et les lamas s’en servent pour propager un message de paix au monde.
Le mandala dans l’espace tibétain est là pour pacifier et transformer en montagne sacrée et lieu de pèlerinage un paysage et un territoire sacré.
Au Népal, La ville royale en mandala est aussi un modèle d’organisation spatiale urbaine où chacun a sa place. On dit que dans certains palais en Asie du Sud, le roi règne en son palais comme la divinité au centre du monde et du mandala, sa figure et son charisme se voient à travers la richesse de l’ iconographie tibétaine et népalaise. Au Ladakh, les magnifiques mandalas du temple d’Alchi sont une ode à la méditation.
Le mandala est le support de la spiritualité qui préserve et souligne la beauté cosmique de la vie. En suivant la pensée et la philosophie de Skolimowski (1991) qui a inspiré un de mes articles (Chiron 2019), je pourrais dire que le mandala est le temple divin de notre pensée (Skolimowski 1991).
C’est aussi dans l’hindouisme et son symbolisme divin, la danse cosmique de Shiva Nataraja entouré du disque solaire, le symbole du renouveau de la vie.
Les différents éléments présents sont le disque solaire, de feu, de l’air et de la terre protégeant la diversité.
Conférence n°2 : « Le pèlerinage au travers de la géographie de quelques lieux de culte hindou ».
La carte des sites de l’hindouisme et de l’Himalaya font apparaître le Nord-ouest et les états de l’Uttarakhand et de l’Himachal Pradesh comme les plus beaux sites hindous de cette partie du Nord-ouest de l’Inde et de l’Himalaya avec les temples de Bhimakali à Sarahan, de Kerdarnath et Badrinath en Uttarakhand puis de Nanital et Bhimtal ceux du Sikkim et du Nord du Bengale avec le char dam de Solophok et le site hindou de Jalpesh avec son festival de Shiva.
Un lieu de culte et de pèlerinage (tirthayatra) correspond à un lieu de passage (pont, fleuve, rivière) entre le divin et la terre des Hommes habité par les Hindous qui est appelé un tirtha (c’est à dire des étapes de pèlerinage traversant des rivières). C’est un lieu purifié par l’eau ce qui lui donne un caractère sacré. D’ailleurs le Gange est aussi sacré.
Ainsi, comme un voyage intérieur sur un territoire sacré, le pèlerin chemine d’étape en étape pour atteindre son but la libération (moksha) ou accumuler des points pour améliorer son karma pour obtenir une meilleure réincarnation ou se détacher du cycle des existences (samsara).
Nous détaillerons ici plusieurs lieux de pèlerinage hindou que nous avons fréquenté au cours de nos pérégrinations.
Le lac de Nanital au bord d’un lac voué à la promenade nautique possède une statue de Nani devi et dédié aussi à Mahisamardini.
Le lac de Bhimtal situé en moyenne montagne à 1300 mètres (littéralement le lac de Bhim, “Bhim”, héros pandava et “tal” le lac) est un autre lieu de pèlerinage en Uttarakhand à côté du lac de Nanital.
Topographie et toponymie se rencontrent ici pour faire de ce lieu un haut lieu sacré lié à la légende du Mahabharata. Bhim et le clan des Pandavas y seraient passés lors de leur exil, un temple aurait été fondé par Bhim mais il ne date que du XVII ème siècle.
Le char dam de Solophok
Inauguré en 2011 par un grand swami hindou, il représente la reproduction des quatre temples les plus sacrés de l’Inde dans les quatre directions cardinales: Rameshwaram (état du Tamil Nadu au sud de l’Inde), Dwarka (état du Gujerat, à l’ouest de l’Inde), Badrinath (état de l’Uttarakhand au nord de l’Inde) et Jagannath-Puri (état de l’Odisha à l’est de l’Inde).
Sur le sol du Sikkim (Inde), on note le développement florissant de l’hindouisme sous forme de mandala, ce qui peut être compris comme une conquête du territoire, révélée par la présence des temples aux quatre coins du complexe (cum pilgrimage center) et la statue de Shiva érigée en son centre, plus haute que les temples environnants et accessible après avoir gravi d’énormes escaliers (le tout présentant un motif en strates: Chiron 2020).
Ces touristes sont exhaltés devant la hauteur de la statue renforçant leur sentiment d’appartenance à l’Inde et à la religion hindoue sur ce territoire sacré hindou implanté au Sikkim, reproduction des quatre temples les plus sacrés de l’Inde.
Le pèlerinage bouddhiste et hindou du lac de Kaychupalri est un autre lieu sacré du Sikkim
La circumambulation autour de lacs sacrés comme le « lac qui exauce les vœux » de Khecheodpalri montre l’association du lac avec les montagnes, formant le couple parfait pour un site de pèlerinage tibétain avec des vues sur ces hauts lieux et le pouvoir purifiant de ces eaux qui protègent les couples des calamités naturelles, des maladies et même des tremblements de terre (voir diaporama).
Jalpesh au nord au Bengale est un centre de pèlerinage majeur du Bengale Occidental qui attire les foules venues aussi du Bhoutan et du Bangladesh voisin lors de ce festival. Mais ce site a subit le tremblement de terre de 2015.
Au sud de l’Inde, de beaux temples hindous sont les chefs d’oeuvre de l’art dravidien comme Mahabalipuram datant du VIII ème siècle et qui est le plus grand bas relief du monde taillé dans un seul bloc de granit rose, ce sont les premiers constructeurs en pierre de l’Inde du sud.
L’éléphant représentant dans le culte populaire l’Inde hindoue et sculptée que ce soit à Mahabalipuram ou à Somathpur.
Le temple de Gangaikondacholapuram est un joyau de l’architecture avec un plan rectangulaire et des mandapasainsi qu’un taureau géant, Nanda. C’est aussi une ancienne capitale de la dynastie Chola au rayonnement d’état-mandala.
La structure d’ensemble ressemble à un autre joyau de la dynastie dravidienne des Cholas, le grand temple de Brihadiswara de Thanjore avec moins de gopurams (grandes tours sacrées de l’hindouisme) que à Trichy, centre de pèlerinage du divya desam avec le temple de Srirangam dédié à Vishnou.
En l’an 1000, c’est la quinzième ville la plus grande du monde, elle est conquise par les Cholas. Sur ce site, beaucoup de touristes et de pèlerins dont des familles kéralaises, tamoules ou des pèlerins de Sabarimalaï font des circulations.


